25.10.2010

LA CARTE ET LE TERRITOIRE

Le logement social. L’expression fait peur, autant à une partie des décideurs politiques de notre pays, qu’aux classes aisées de la population française.

Or, qu’est-ce qu’un logement social, en particulier à BERTHECOURT, si ce n’est une habitation individuelle ou un appartement compris dans un bâtiment collectif, qui permet l’accès le moins discriminant à un toit. Ailleurs, la sélection se fait par l’argent, les hauts revenus remportant la mise. C’est la loi du marché, basée sur les rapports entre l’offre et la demande, un marché certes réglementé mais demeurant impossible à pénétrer pour les personnes disposant de faibles ressources.  

Seulement, depuis la loi « Solidarité et Renouvellement Urbains » du 13 décembre 2000, dite « loi SRU », obligation est faite aux communes de plus de 3500 âmes, incluses dans une agglomération de 50 000 habitants, et comportant au moins une ville de plus de 15 000 résidents, de se doter de 20 % de logements sociaux. Or, force est de constater que 330 des 725 communes qui entrent dans le champ d’application de cette mesure, n’ont pas joué le jeu entre 2006 et 2009 (selon les chiffres communiqués par la « Fondation Abbé Pierre »).

De surcroît, selon une enquête récente du quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France, parue le 29 septembre, il existe au moins 20 000 logements HLM inoccupés. Des bailleurs sociaux annoncent des taux de vacances de 12 %, soit trois à quatre fois plus que la moyenne. Alors que les prix des logements à la vente et à la location sont repartis à la hausse. Au total, et même en ne prenant en compte que les offices affichant un parc supérieur à 100 unités, le chiffre de 8 000 logements vides est avancé. Il s’agit notamment des logements relativement peu attractifs, comme les barres d’immeubles. Une seconde cause de ce taux anormalement élevé de logements inoccupés réside dans l’existence d’une offre privée à meilleur marché. Enfin, une mauvaise gestion du parc peut aussi expliquer cette carence. Par exemple, lorsqu’un appartement se libère, le bailleur social est censé trouver un autre locataire ; pourtant, certains bailleurs n’informent que superficiellement sur ces disponibilités. 

Pour sa part, BERTHECOURT, qui ne se trouve pas soumis à l’impératif prescrit par cette loi, a néanmoins fait preuve d’esprit de responsabilité pour approcher les 20 %, en se fixant pour but ultime de satisfaire à une demande grandissante en matière d’habitat.

Car il ne faut pas se leurrer : le temps des HLM réservés exclusivement aux foyers en situation de décrochage social est révolu. Aujourd’hui, chacun constatera qu’au regard du coût de la vie qui a explosé (en particulier depuis la crise économique mondiale survenue au second semestre 2008), personne ne peut se dire que ces logements ne le concernent pas. Compte tenu des turbulences traversées par la zone monétaire « euro », plus que jamais nous avons besoin du logement social au niveau local. D’ailleurs, comment procéderait la plupart des Maires, notamment des cités les moins pourvues en sources de financements, pour restaurer leur parc immobilier ou le développer, s’ils ne pouvaient s’appuyer sur des partenariats public-privé en vue d’ériger des logements dits « sociaux » ?

Jeunes couples impatients d’emménager et de gagner en indépendance, parents isolés, retraités dépourvus de patrimoine, familles aux revenus modestes, l’éventail des populations a priori susceptibles de demander un jour un logement de ce type s’est sensiblement élargi au cours de la dernière décade, 2000-2010. L’OPAC et la SA des HLM de l’Oise, les deux organismes avec lesquels nous collaborons en matière de construction de logements à loyers modérés, nous accompagnent au jour le jour. Dès qu’un chantier s’ouvre sur BERTHECOURT, les membres de ces 2 offices suivent au plus près l’exécution des travaux, notamment en participant aux nombreuses réunions sur le terrain.

Ainsi, outre les 4 logements situés rue du Général de Gaulle et les commerces attenant (notre artisan Boulanger), ce sont 15 logements, s’inscrivant dans l’Impasse de la Ferme Henri Lefranc, qui sont sortis de terre à l’orée de l’automne, 2 logements de type 3, 5 de type 4, et 8 de type 5, et que nous avons connu le plaisir d’inaugurer le 15 octobre passé. De ce point de vue, mon Conseil municipal et moi-même sommes fiers d’avoir œuvré en faveur de davantage de justice sociale. A ce sujet, je tiens à souligner l’implication sans faille de mes adjoints et conseillers, des membres de la « commission municipale Travaux », présents à chaque réunion que nous avons tenue - notamment sur place - au 327 rue Robert BELLEIL. Mes collègues élus prennent sûrement conscience du chemin parcouru en à peine 24 mois.

C’est pourquoi, j’aimerais revenir brièvement sur quelques grandes étapes des deux années d’efforts soutenus qu’ont nécessité ces constructions neuves ; constructions qui, pour 20 % d’entre elles, répondent entièrement aux normes en matière d’accueil de locataires à mobilité réduite ou handicapés.

Tout a commencé le 15 octobre 2008, lorsque la SA des HLM de l’Oise déposa une demande de permis de construire au secrétariat de notre Mairie, une à laquelle je répondais positivement le 19 décembre. Chacun en conviendra : du 15 octobre 2008 au 15 octobre 2010, les délais ont été scrupuleusement respectés et l’échéancier a été soigneusement suivi.

La période de préparation du chantier dura trois semaines, à compter du 17 juin 2009. C’est à l’occasion de cette séquence que les différentes demandes d’agrément furent transmises à notre Mairie et à notre concessionnaire « EVIA ». Parmi ses premières missions, celui-ci réalisa l’assainissement des eaux usées et des eaux pluviales pour le réseau principal, et l’empierrement afin de permettre l’accès au chantier. La voirie fut fondée à partir du 8 juillet. La démolition débuta alors, entraînant une inéluctable opération de remblaiement. Il est vrai que nous nous sommes trouvés contraints de tirer un trait sur les bâtiments existants, de débroussailler le fond du terrain, et de détruire partiellement le porche à droite de la rue BELLEIL. Toutefois, un mur mitoyen fut édifié, formant pignon contre la grange existante ; les anciennes caves en sous-sol furent pareillement sauvegardées. Ces éléments témoignent d’une indéniable volonté de continuité.

Les travaux de pré-voirie, exécutés par l’entreprise « DEGAUCHY », purent être alors lancés, avec pour effet d’offrir une voie à la circulation des véhicules et engins de la société « FABER ». Le 5 août 2009, ce prestataire, chargé de bâtir, nous renseignait alors sur la liste de ses sous-traitants. L’un d’eux, la « SDEL », nous a fourni les coffrets de branchements électriques, tandis que « VEOLIA » obtînt notre accord pour la réalisation du réseau d’eau potable. Nous étions le 16 septembre 2009.

Au terme de l’Eté, ce sont les fondations et les murs de soubassement des maisons qui apparurent. Une étape marquante, symbolique, venait de se produire. Peu de temps avant la confection du dallage des rez-de-chaussée de ces habitations tant attendues par la population de BERTHECOURT et de ses environs. Les murs de façade et les refends occupèrent ensuite l’essentiel du temps du travail des compagnons s’affairant sur le chantier de la rue Robert BELLEIL. Fin septembre, on vit la préparation du premier plancher haut Rez-de-Chaussée ; ce qui comprenait des travaux d’alimentation électrique, de plomberie et de chauffagerie.

Une phase cruciale se déroula entre décembre 2009 et février 2010, avec le montage des charpentes. Globalement, le mois de mars fut consacré à la pose des menuiseries extérieures. Les pavillons prenaient définitivement forme. Le 31 mai 2010, la pose des portes de garage signait leur proche achèvement, en tout cas dans leur aspect général. L’apposition des peintures, papiers peints, et sols souples, courant juillet 2010, apportait une touche supplémentaire à ces logements ; une des toutes dernières, avant la remise des clés aux heureux locataires. Au préalable, fin septembre, clôtures, gazons et terrasses sont venus agrémenter l’endroit où nous nous trouvons en cet instant. La branche nouvelle d’un quartier historique de BERTHECOURT était née.

D’ailleurs, nous réfléchissons actuellement pour adopter demain un PLU (Plan Local d’Urbanisme) qui remplace avec mesure et adéquation ce que nous connaissions sous l’appellation « Plan d’Occupation des Sols ». Les réalisations que je viens de citer symbolisent à merveille ce renouveau en matière d’Urbanisme. Ils s’insèrent parfaitement au cœur des préoccupations du PLU, en nous préservant de toute construction anarchique ou inesthétique.

De la sorte, si sur une carte de FRANCE, notre commune ne fait pas partie de celles qui sont les plus directement concernées par la question du logement social, le territoire commande bien plus souvent qu’à son tour de rétablir un peu d’équité entre les foyers, entre les habitants, avec pour objectif majeur d’assurer la cohésion sociale de notre collectivité. Une certaine mixité. « La carte n’est pas le territoire », rappelle à bon escient le célèbre adage. Nous le faisons nôtre avec en vue le souci d’offrir aux femmes et aux hommes de BERTHECOURT, à leurs enfants, un cadre de vie agréable pour un coût raisonné. C’est un engagement fort de mon équipe municipale.

Selon moi, un maire ne saurait se comporter uniquement comme un gestionnaire ; il doit aussi et surtout bâtir dans la pierre, dans le dur, l’avenir des familles françaises qui lui accordent leur confiance en venant s’installer sur le territoire où s’exercent ses prérogatives. C’est cet équilibre de la fonction d’édile local qui me fait aimer ma vocation au service de tous ; car sans être un professionnel de la politique, le premier Magistrat d’une commune rurale de petite taille se doit d’être un professionnel des politiques publiques, il doit en avoir la maîtrise, afin d’anticiper les changements qui se répercuteront sous peu sur la configuration de son village.  

                                                                                                                

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